Le SYNA-MNV
📍 Contexte historique et institutionnel
Les Systèmes Nationaux de Surveillance des Forêts (SNSF) sont issus des discussions internationales de lutte contre le changement climatique, initiées sous l’égide de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) dès le Sommet de la Terre de Rio (1992).
Le besoin de systèmes de suivi nationaux s’est précisé avec l’émergence du mécanisme REDD+ (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts), introduit lors de la COP11 (2005, Montréal), puis formalisé par la décision 1/CP.16 lors de la COP16 (2010, Cancún). Les modalités techniques ont été précisées à travers plusieurs décisions (notamment 4/CP.15, 11/CP.19 et 13/CP.19), qui font des SNSF un pilier obligatoire pour tout pays souhaitant accéder aux paiements pour résultats dans le cadre du processus REDD+.
🌱 Le SNSF, socle du dispositif REDD+
Les pays engagés dans le processus REDD+ doivent mettre en place les quatre éléments suivants :
- Une Stratégie ou Plan d’Action REDD+,
- Un Niveau d’Émission de Référence Forestier (NERF),
- Un Système National de Surveillance des Forêts (SNSF),
- Un Système d’Information sur les Sauvegardes.
Un SNSF permet de suivre les changements d’occupation des terres, d’estimer les superficies et les émissions de GES du secteur AFAT/UTCAF, et de vérifier la performance des activités REDD+ à travers des données transparentes et vérifiables.
🤝 L’engagement du Congo dans la REDD+
La République du Congo est engagée dans le processus REDD+ depuis 2008 et fait figure de pays précurseur dans le cadre de REDD+. Le Congo a été le 1er pays africain à soumettre un NERF à la CCNUCC (2016) et il dispose d’une stratégie nationale REDD+ adoptée en 2017. Les forêts ont aussi été placées au cœur de la 1ère CDN du pays (2017).
En 2019, la République du Congo et le CAFI ont signé une Lettre d’Intention, où le pays s’engage à poursuivre la réduction des émissions, notamment dans le secteur UTCATF (Utilisation des Terres, Changement d’Affectation des Terres et Foresterie), sur la base d’un NERF révisé.
Cette lettre a permis le financement d’initiatives structurantes, dont le projet d’opérationnalisation du SYNA-MNV, mis en œuvre par la FAO en partenariat avec le Centre National d’Inventaire et d’Aménagement des Ressources Forestières et Fauniques (CNIAF), sous la tutelle du Ministère de l’Économie Forestière.
Parallèlement, en avril 2021, le Congo a signé un accord de paiement (ERPA) avec le Fonds Carbone FCPF de la Banque mondiale, pour un programme juridictionnel dans les départements de la Likouala et de la Sangha. Le SYNA-MNV est d’ailleurs chargé, à travers le CNIAF, d’assurer le suivi régulier des émissions et des réductions associées aux programmes nationaux ou juridictionnels REDD+.
🏛️ Un dispositif porté par le CNIAF
Le CNIAF (Centre National d’Inventaire et d’Aménagement des ressources Forestières et Fauniques) est l’institution nationale chargée de l’implémentation du SYNA-MNV.
Le CNIAF dispose d’une solide expérience en matière de suivi de la dynamique forestière, il a bénéficié depuis 20212 de l’appui de la FAO à travers le programme ONU-REDD et de la Banque Mondiale (BM) à travers le FCPF pour développer son Système National de Mesure (M), de Notification (N) et de Vérification (V) (SYNA-MNV) ; une expérience matérialisée grâce au fonds CAFI avec le projet d’opérationnalisation du SYNA-MNV.
Le CNIAF est placée sous tutelle du Ministère de l’Economie Forestière ; l’ancrage institutionnel du Syna-Mnv est disponible dans la figure ci-dessous :

En savoir plus sur le CNIAF : cliquez ici
⚙️ Le SYNA-MNV : architecture et fonctionnement
Comme tous les SNSF, le SYNA-MNV du Congo s’articule autour de deux fonctions :
- La Surveillance des Forêts (S),
- La Mesure, Notification et Vérification (MNV) des activités REDD+.
La fonction de surveillance englobe l’ensemble des politiques et mesures de conservation et de gestion durable des forêts ainsi que des outils d’observations et de suivi tels que le portail web ou la surveillance communautaire.
La composante MNV englobe trois piliers :
- Le Système de Surveillance des Terres par Satellite (SSTS), incluant des outils cartographiques et des séries temporelles,
- L’Inventaire Forestier National (IFN),
- L’Inventaire des Gaz à Effet de Serre (IGES).
Ces trois piliers sont coordonnés et exécutés par les différents services présents au CNIAF. Les interactions entre ces trois piliers permettent de :
- Mesurer les superficies liées aux changements d’utilisation des terres au moyen de la télédétection
- Disposer de facteurs d’émissions spécifiques aux strates forestières du pays (grâce à l’inventaire forestier)
- Quantifier les émissions et absorptions de GES du secteur AFAT
- Rapporter toutes ces informations dans différents rapports et sur différents supports
📊 Le SYNA-MNV au service du rapportage climatique
Le système contribue activement à la production des données du secteur AFAT (Agriculture, Forêts et Autres Affectations des Terres) attendues dans les différents rapports de suivi prévus par le Cadre de transparence renforcé (CTR) de l’Accord de Paris. Il alimente :
- la Contribution Déterminée au niveau National (CDN),
- le Rapport Biennal de Transparence (BTR),
- les Communications Nationales,
- et les rapports MNV des projets REDD+ au niveau national et juridictionnel