Mission de collecte de données carbone dans les mangroves du Congo : consolider le dispositif du SYNA-MNV

Dans le cadre de l’opérationnalisation de son Système National de Mesure, Notification et Vérification (SYNA-MNV) des émissions de gaz à effet de serre du secteur « Forêt, Agriculture et autres Affectation des Terres, la République du Congo a réalisé une mission inédite visant à quantifier les stocks de carbone contenus dans les forêts de mangrove de son littoral. Cette initiative, conduite par le Ministère de l’Économie Forestière en partenariat avec la FAO et financée par l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI), s’inscrit dans la stratégie nationale de consolidation du SYNA-MNV, en approfondissant la connaissance des écosystèmes à fort potentiel carbone tels que les mangroves. Elle vient compléter et renforcer les bases scientifiques mobilisées dans le cadre du NERF soumis à la CCNUCC en 2024, tout en préparant l’intégration progressive de ces écosystèmes dans les futurs cycles de suivi et de valorisation climatique.

En effet, les mangroves, bien que représentant une superficie limitée sur le territoire national, constituent des réservoirs de carbone exceptionnels et jouent un rôle crucial dans la protection du littoral et la biodiversité marine. Jusqu’à présent, l’Inventaire Forestier National (IFN) réalisé entre 2009 et 2014 n’avait pas pu intégrer ces écosystèmes spécifiques, créant ainsi un angle mort dans l’évaluation nationale des émissions de gaz à effet de serre. Cette mission a permis de remédier à cette situation en collectant, pour la première fois, des données complètes sur le carbone stocké dans les arbres vivants et morts, le sol et la litière des mangroves congolaises.

Les équipes de terrain ont inventorié 37 parcelles réparties sur trois zones du littoral, couvrant une superficie totale de 18,5 hectares. Au total, 3 130 arbres vivants ont été mesurés, ainsi que 131 arbres morts sur pied et 111 arbres morts couchés au sol. Chaque arbre a fait l’objet de mesures de diamètre et de hauteur totale, tandis que des échantillons de sol ont été prélevés à une profondeur d’environ 1 mètre et acheminés aux laboratoires de l’Institut national de Recherche Forestière (IRF) et de l’Institut national de Recherches en Sciences Exactes et Naturelles (IRSEN) pour analyse. Un système d’assurance qualité rigoureux, incluant des contrôles quotidiens et hebdomadaires, a garanti la fiabilité des données collectées.

L’analyse préliminaire des données a révélé que les arbres des mangroves inventoriées stockent en moyenne 47,48 tonnes de carbone par hectare, principalement concentré dans la biomasse aérienne (70%) et la biomasse souterraine (26%). Ces résultats ont permis d’établir des facteurs d’émission spécifiques aux mangroves congolaises, calculés pour la première fois à partir de données nationales plutôt que de valeurs génériques internationales.

Cette première évaluation des stocks de carbone des mangroves congolaises ouvre la voie à un suivi régulier de ces écosystèmes stratégiques. Intégrées au système national de suivi des forêts, ces données produites constituent désormais une base scientifique solide pour quantifier les émissions liées à la conversion de ces écosystèmes et, inversement, pour valoriser économiquement leur protection dans le cadre des mécanismes de financement climatique.

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